Les peintures de Victoria Verbaan ont un côté évanescent : ses femmes sensuelles, ses singes farceurs et ses animaux mystérieux semblent sortis de rêves langoureux. Nous avons rencontré cette artiste passionnée autour d’un verre pour parler de son pays, l’Afrique du Sud, de sa passion pour les chevaux et tenter de percer le mystère de ses visions oniriques.

Salut Victoria, c’est l’happy hour, que prends-tu ? 

Je paie ma tournée de kir royal, c’est ce que je prends quand j’ai quelque chose à fêter ! Mes happy hours les plus joyeuses sont celles entre amis ou en famille quand je suis en vacances. 

Tu vis à Durban, en Afrique du Sud. Comment est la vie là-bas ? 

Durban est une ville douce et très métissée. On y trouve un mélange fascinant de cultures indienne, anglaise et zoulou. J’ai grandi à Kloof où la nature est florissante et où les rues et les allées sont bordées de palmiers. J’adore son ambiance tropicale. Si vous venez à Durban, il faut à tout prix goûter à la spécialité culinaire de la ville, le « Bunny Chow », un pain de mie évidé fourré d’un délicieux curry au poulet, à l’agneau ou végétarien – une vraie bombe ! En Afrique du Sud, vous pouvez être sûrs de ne jamais vous ennuyer. C’est un pays généreux et unique en son genre – les plages de sable blanc de Cape Town, le surf, la nature sauvage, les vastes vignobles, le désert du Karoo, sans parler des montagnes à couper le souffle. Et il ne faut rater sous aucun prétexte le Toyi-Toyi, une danse incroyable née du mouvement anti-apartheid.

Sur l’une de tes peintures, on peut lire « I Should Have Been a Cowboy » (J’aurais dû être un cowboy). Est-ce que tu rêvais de devenir une cowgirl quand tu étais petite ? 

Je monte à cheval depuis l’âge de 4 ans. Mon premier poney s’appelait Fliker. Quand j’étais enfant, je rêvais de grandes aventures à dos de cheval. Je n’ai pas peur de prendre des risques et j’aime monter à cheval : si j’associe les deux, je me dis que j’aurais pu être un cowboy !

Comment es-tu devenue artiste ? 

Je n’ai aucun souvenir de ma vie avant la peinture et le dessin. Dans l’annuaire de l’école, j’avais écrit que je voulais devenir illustratrice. Le dessin et la peinture, c’est aussi une question d’entraînement. Pendant des années, je produisais une illustration par jour. Dès que j’ai un moment de libre dans la journée, je me mets sur mes peintures.

La question, c’est à quel point tu es prêt à te battre et à t’investir pour atteindre ton objectif. Il faut travailler dur et commencer quelque part, n’importe où.

Une fois diplômée, j’ai trouvé un job dans l’édition. Après ça, j’ai travaillé dans la pub pour une maison de mode. En parallèle, j’ai toujours fait des illustrations pour des magazines et des éditeurs. Finalement, c’est devenu mon activité principale. À partir de là, les choses ont grandi petit à petit.

 

On trouve beaucoup de singes dans tes tableaux. C’est ton animal préféré ?

On trouve des singes partout ici. Ils me piquent mes bananes au petit déjeuner, ils s’accrochent partout autour de la maison et taquinent mes teckels. Ils sont espiègles mais je les adore. Les observer, c’est comme observer des petits garçons se chamailler entre eux et faire des bêtises. L’an dernier, c’était l’année du singe, j’en ai fait le sujet principal de mes expositions « Safari Sweet Suite » et « Monkeys that Ride ». 

Tu cites l’écrivain Roald Dahl comme l’une de tes sources d’inspiration. Qu’est-ce qui t’inspire chez lui ? 

C’est vrai, ses livres sont une source d’inspiration pour moi : ils sont tordus, fous, drôles, étranges… Roald Dahl m’a appris à prendre des risques dans la vie et à aborder les situations difficiles avec allégresse et intelligence. Il m’a appris que la vie est pleine de rebondissements et que toutes les meilleures histoires connaissent un retournement de situation.

Les femmes que tu peins sont des femmes fortes et sensuelles. Elles ont un « petit truc » en plus. Qui sont-elles ? 

Les femmes que je peins sont le fruit de mon imagination et n’existent que dans ma tête. Elles ont confiance en elles, elles sont ambitieuses. Ce sont des reines, des esprits libres. Je n’irais pas les provoquer ! (rires) Elles m’aident à me souvenir qu’il faut être bonne, courageuse et ne pas avoir peur. 

Quelles sont les choses dont tu ne pourrais pas te passer ? 

Un carnet de croquis, de l’encre de chine, mes teckels, du café, de jolies ballerines, des tulipes, le chahut de ma fille Phoebe… et plein d’autres choses ! 

Des animaux sauvages ou des femmes effrontées ? 

Des animaux effrontés ! 

Merci Victoria !
 
 
 
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