Pixie Cold se sent chez elle dès que l'art l'environne. Lorsque sa vie a pris un tournant difficile, n'ayant ni lieu pour vivre ni raison d'avancer, c'est l'art qui l'a sortie de la spirale infernale. Elle a alors commencé par partager ses créations sur Internet, jusqu'à transformer sa passion en profession dès 2012. Depuis, c'est un monde plus optimiste, rempli de couleurs expressives et pétillantes que Svenja nous présente.

Salut Pixie Cold, c’est l’Happy Hour, que bois-tu ?

Ma boisson de prédilection c’est le mojito sans alcool. J’adore le mélange de citron vert et de menthe et je ne suis pas une grande fan des choses trop sucrées.

Tu es une vraie berlinoise. Parle-nous de ta ville.

Oui c’est vrai, je suis née et j’ai grandi à Berlin. Je sais que je suis une espèce en voie d’extinction. J’aime tout dans et à propos de cette ville. Je dessine le plus dans ses nombreux parcs et sa fabuleuse nature. J’habite juste en face du Plänterwald (un bois du quartier de Treptow-Köpenick) donc j’y passe beaucoup de temps. Parfois, je prends mon carnet et je vais passer l’après-midi allongée sur une couverture. Il n’y a rien de plus agréable !

L’Art est une affaire de famille depuis plusieurs générations. As-tu toujours voulu être artiste ou avais-tu d’autres ambitions en grandissant ?

Je n’aurais pas développé un esprit aussi créatif sans ma mère. Elle m’a mis des pinceaux dans les mains avant même que je puisse parler. C’était important pour elle que j’aie les outils pour me faire la main sur de nouvelles choses. Je doute qu’elle prévoyait que mon frère et moi deviendrions des artistes à succès.

Aujourd’hui, elle est ravie que ses graines aient donné des fruits. Mes grands-parents étaient également peintres. Je crois que ma famille a transmis sa créativité de génération en génération.

 

Tu as vécu dans la rue à un certain moment. Comment t’es-tu sortie de cette situation et quel regard portes-tu sur cette période de ta vie ?

Ce fut plus une rébellion d’adolescente. Je ne sais pas ce qui m’a poussé à prendre certaines décisions durant ces années-là. Mais je sais que je voulais me libérer de ma situation, avant de comprendre le sens réel de la liberté. Malheureusement, il m’a fallu vivre de très mauvaises expériences dans la rue.

Je suppose que, dans un sens, cela m’a permis de me retrouver, de faire quelque-chose de ma vie. Parfois, il faut traverser les ombres les plus sombres pour pouvoir prendre conscience qu’il y a toujours une lumière au bout du tunnel. Et c’est dans ces moments-là qu’on apprend à être vraiment reconnaissant. Je suis très contente d’avoir retourné la situation et vraiment heureuse de ma situation aujourd’hui.

En quoi cette période a-t-elle changé ou affecté ta personnalité ?

J’ai appris à apprécier les choses simples de la vie (par exemple un toaster, du dentifrice, des toilettes propres). J’ai pris conscience que la vraie liberté dans la vie c’est d’avoir assez pour payer sa nourriture au lieu de la mendier. J’ai rencontré beaucoup de belles personnes qui n’avaient rien mais étaient prêtes à tout partager. C’est dingue quel type de personnes doivent se battre pour leur vie et c’est dur d’imaginer combien de jeunes gens se retrouvent soudain totalement seuls. J’espère avoir un jour les moyens d’aider ces gens à sortir de la rue. Qui sait combien d’artistes méconnus s’y trouvent ?

Tu travailles avec des couleurs claires et vibrantes mais tous tes tableaux ont un élément de mystère. Comment décrirais-tu ton style ?

Je n’ai jamais vraiment pris le temps de penser à l’histoire de l’art. Disons de mon art que c’est la Renaissance des arcs-en-ciel du 21e siècle.

Quelles sont tes inspirations et pourquoi ?

La nature, avant toute chose, a tellement à offrir. Mais je suis aussi inspirée par de nombreux artistes contemporains. J’adore regarder ce que font les autres artistes et essayer de comprendre leurs techniques. Parfois, je peux passer trois ou quatre heures sur Instagram.

 

Dis-en nous davantage au sujet de ton processus de création. Comment commences-tu une nouvelle œuvre ?

C’est assez simple : des idées, des croquis, des contours et de la couleur. Mes peintures sont en général totalement différentes de ce que j’avais imaginé initialement. Parfois elles changent plusieurs fois pendant le processus. Je n’y pense pas vraiment, cela se produit. C’est justement ce que j’aime tant dans la peinture. Quand j’attends qu’une couche de peinture sèche, je m’amuse sur mon téléphone et je prends un café. J’aime ma vie et je pense que je ne serais pas capable de faire autre chose. J’aime les choses relaxantes. Le stress ne m’inspire pas. La musique est aussi importante pour moi. Pas un jour sans ma chaîne YouTube préférée.

Quel est ton plus grand rêve dans la vie ?

J’aimerais avoir une petite villa en Espagne avec des oliviers et la vue sur un lac. Mon rêve deviendrait réalité. Cela peut sembler ringard, mais la vie ne serait rien sans un peu de kitsch.

Les gens ou les animaux ?

Les animaux… Les gens sont tellement imprévisibles. Mais encore une fois, il y a certaines personnes que j’aime vraiment. Bon, peut-être que je devrais dire « les deux » en fin de compte.

Merci, Pixie Cold !

 
 
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