Le photographe freelance Michael Belhadi a commencé dans la gastronomie et a dirigé plusieurs cafés et restaurants avant de trouver sa vraie vocation. Né en 1963 en Algérie, il a grandi à Paderborn en Allemagne et vécu en Bavière pendant plusieurs années avant de déménager à Berlin, où il vit et travaille à l’heure actuelle. On a discuté avec lui de la photo en milieu hospitalier, du travail de freelance et de ses spots préférés de Berlin.

Tu as travaillé dans une clinique en tant que photographe d’opérations. Comment as-tu trouvé ce boulot ? Comment était-ce ? As-tu toujours ces photos et ont-elles influencé ton travail ?

Entre 1983 et 1986 j’ai bossé dans une clinique orthopédique dans le cadre de mon service civil alternatif. Le médecin en chef a appris que j’étais photographe et réalisateur et que je savais développer l’argentique. Il m’a donc nommé photographe personnel et j’ai pris des photos de tout ce qui se passait, ce dont il se servait pour ses publications médicales. Je n’ai plus les photos car elles ne m'appartiennent pas. Prendre des photos d’opérations m’a fortement influencé, car j’ai du apprendre à me concentrer sur des choses cruciales, d’une manière objective et neutre.

À quel point Berlin est-elle une ville importante dans ton travail ? Est-ce qu’elle t’a inspiré à te dédier à temps plein à la photographie ?

Absolument. Tout a commencé à Berlin : quand j’ai déménagé ici, prendre des photos était un moyen de découvrir et d’en apprendre plus sur la ville. Je sautais sur mon vélo et j’explorais la ville avec mon trépied et mon appareil. Berlin, particulièrement l’Est, a développé mon penchant pour les paysages et espaces urbains.

Quels équipements et techniques utilises-tu ?

J’utilise mon trépied et toute lumière disponible sur le moment. Beaucoup de mes photos sont ensuite retouchées sur mon ordinateur. Mon appareil est un Canon EOS 5D iii.

Quels artistes ou musiciens t’ont influencé à travers ta carrière ?

Oh, il y en a plein ! Beaucoup trop pour les lister ici. Mais je vais quand même mentionner Bernd et Hilla Becher et leur étudiants, que j’admire. Je suis aussi un grand fan de Martin Parr et Steve McCurry.

 

Comment mènes-tu tes recherches ?

Cela dépend. À Berlin, les sujets passionnants apparaîtront sans recherches nécessaires. Si je voyage dans d’autres (grandes) villes, je vais faire un peu de recherche au préalable sur Internet, demander à des amis locaux et bien me renseigner. Bien sûr, il y a quelques choses que j’ai toujours voulu prendre en photo, comme la Battersea Power Station ou la Thames Barrier à Londres.

Qu’est-ce qui t’inspire ?

C’est une question difficile. Presque tout, en réalité.

Quel type de travail préfères-tu ?

Je profite du privilège de travailler à mon propre compte en tant qu’artiste et de ne pas avoir de supérieur. C’est aussi la raison pour laquelle le travail que j’effectue numériquement m’apporte autant de satisfaction que de prendre les photos en soi. Un vernissage réussi est, bien sûr, toujours un plus !

À part prendre des photos, qu’est-ce que tu aimes faire à Berlin ? Quelle partie de la ville fréquentes-tu le plus ? Peux-tu nous donner des recommandations de galeries, cafés, bars, vues imprenables ?

J’adore parcourir la ville sur mon vélo et je suis toujours agréablement surpris de la destination. Durant l’été, j’adore les lacs et lieux environnants et j’aime aller au lac Müggelsee. En tant que photographe j’aime beaucoup la galerie C/O à la Amerika Haus. Mon « biergarten » préféré est le « Bierhof Rüdersdorf am Berghain ». Je le recommande chaudement pendant l’été car il offre une vue magnifique et surprenante de la ville, avec le clocher du Stade Olympique. En soirée, je déguste des Gin Tonic dans le bar « Lass Uns Freunde Bleiben » dans la Choriner Straße.

Quelle ville aimerais-tu explorer en profondeur autant que Berlin et pourquoi ?

Ça doit être Londres. J’ai visité cette ville merveilleuse à beaucoup de reprises. L’année dernière j’ai commencé une série de photos là-bas, que je vais poursuivre au mois d’août. Pour moi, Londres est la ville la plus excitante d’Europe et ne cesse de m’attirer.

Décris-nous le projet de tes rêves.

Le projet de me rêves serait de passer plusieurs semaines à Pyongyang juste après la chute de la dictature. Je passerais mon temps à prendre des photos de cette ville mystérieuse et son architecture stalinienne...

Merci, Michael !

 
 
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